Paysage avec le mont Itztaccihuatl au Mexique. Huile sur carton de Johann Moritz Rugendas, autour de 1830.

peindre pour la première fois

Durant la première moitié du 19e siècle, Johann Moritz Rugendas est l’inventeur d’un paysage en peinture qu’aucun européen avant lui n’avait encore représenté. Il voyage en des terres qui nous sont inconnues, ce qui est propice au sentiment d’exotisme toujours en vogue chez les nations dominatrices mais relève d’une véritable expédition, à une époque, où les tour-opérateurs n’existaient pas.


Il trimballe ses carnets en Amérique du Sud : Brésil, Argentine, Chili, Mexique, etc. Il travaille sur le motif, affrontant les intempéries, se bagarrant surtout avec la vision esthétique qu’il a emmenée avec lui dans ses bagages. Il sent bien qu’il lui faut trouver une autre manière de dire en peinture que celle que ses maîtres lui ont enseignée sur le vieux continent.


Il peint les habitants de ces contrées éloignées, les hommes et les femmes qu’on appelle les indigènes. Il peint encore des paysages «sauvages», des centaines d’esquisses comme celle-ci, qu’il se refuse malheureusement à considérer comme des tableaux, seul Turner à son époque ayant franchi ce cap. Ce que personne ne songerait à remettre en question de nos jours.

i125 - 2017