D’après :


Les mistons, François Truffaut - 1957


Le secret, Robert Enrico - 1974


L’âge d’airain (détail), Auguste Rodin - 1876

Monique à bicyclette

Monique a 14 ans en mai 1940. Elle fuit Paris à bicyclette avec sa mère et sa soeur. Sur les routes de campagne, elles se fondent dans la longue cohorte des civils apeurés.

Elles font la connaissance d’un homme, un belge me dit Monique sans plus de précision, peut-être parce qu’on ne croisait pas si souvent un étranger à cette époque. Peut-être parce que les français sont particulièrement fier de leur génie auquel pourtant, seule une poignée d’entre eux a contribué.

N’avons-nous pas traité Auguste Rodin de belge quand il présenta à Paris sa sculpture l’Âge d’airain? Une oeuvre aussi dérangeante que géniale ne pouvait être que le fruit d’un falsificateur, un tricheur, bref, un étranger.

L’homme apprend à Monique comment ranger leurs bicyclettes pour aménager un abri au mileu d’un champ. Il s’agit de poser l’une d’entre elles en équilibre sur les deux autres disposées parallèlement. Sur ce toit improvisé, il reste à déposer quelques branchages et du foin quand l’occasion se présente.

Un moyen de passer inaperçu des Stukas qui plongent en piqué, sirène hurlante sur la foule. Le moyen aussi d’éviter de se faire voler les précieuses petites reines quand le sommeil vient enfin.

Je voudrais filmer, enregistrer, capturer le témoignage de Monique, sa petite histoire qui fait l’histoire d’un pays. À mon âge on n’est pas moderne, on ne comprend rien à ces histoires d’ordinateur me dit Monique en louchant sur mon téléphone portable.